Rasage des jambes et vélo : mythe ou vrai gain de performance

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Dans les cercles professionnels du cyclisme, une observation attire l’attention : des mollets complètement lisses, sans un seul poil à l’horizon. Pour les néophytes, cette lubie peut prêter à sourire. Pourtant, une avancée scientifique majeure s’y dissimule. En effet, la question se pose : les jambes rasées apportent-elles réellement un avantage en course ? Tout commence avec une découverte fortuite.

L’accident qui a tout révélé

En 2014, le triathlète Jesse Thomas se présente à la soufflerie de Specialized. Problème majeur : il a négligé de se raser les jambes, au grand dam des ingénieurs qui envisagent d’annuler les tests. Toutefois, ils décident de procéder à une comparaison avant et après rasage.

Les résultats sont stupéfiants. « Les chiffres ont tellement chuté que j’ai dû vérifier immédiatement l’équipement », révèle Mark Cote, responsable de la recherche chez Specialized. Intriguée, l’équipe réalise l’expérience sur six cyclistes présentant différents niveaux de pilosité. Le constat est implacable : un gain moyen de 70 secondes sur un parcours de 40 kilomètres. Le rasage diminue la traînée aérodynamique de 7 %, permettant une économie de 10 à 15 watts à vitesse constante.

Pour appréhender l’envergure de cette percée, examinons d’autres avancées aérodynamiques :

Les innovations technologiques, notamment en aérodynamisme, sont souvent comparées à d’autres progrès pour mieux comprendre leur impact.

Des données qui changent la donne

Les améliorations apportées récemment révèlent des chiffres impressionnants, qui replacent en perspective l’évolution technologique. Ces données permettent de mieux appréhender l’efficacité des solutions mises en œuvre. Dans ce contexte, il est fondamental de s’intéresser aux divers paramètres influencés par ces innovations.

Les pros l’avaient-ils deviné ?

Cyril Dessel, ancien coureur professionnel, explique : « C’est surtout dans les chronos que la différence se fait sentir. Quand on recherche chaque seconde, il n’y a pas de place pour l’approximation. » Anthony Roux, ex-membre de l’équipe FDJ, ajoute avec plus de nuance : « Même si l’impact sur l’aérodynamisme doit être relativisé, il est hors de question de continuer avec des poils aux jambes. »

La pression sociale autour du rasage

Au-delà de la performance, le rasage respecte un code esthétique rigide. Dans les clubs de cyclisme amateur, les jambes velues peuvent sembler déplacées. Même Peter Sagan, connu pour ses excentricités, a finalement succombé au rasage après un bref épisode de « provocation pilaire » en 2016. Pour de nombreux jeunes cyclistes, se raser les jambes représente un véritable rite de passage, une preuve d’appartenance à la communauté cycliste. Adopter un style « velu » est souvent perçu comme un acte de défi ou de dissidence au sein du peloton.

Les avantages pratiques du rasage pour les cyclistes

Le Dr Pascal Rivat, médecin du Tour de France, souligne l’importance du rasage pour des raisons pratiques. Il explique que les soins médicaux sont plus simples sur des jambes rasées, réduisant ainsi les douleurs ressenties par les cyclistes. Les massages après l’effort gagnent en efficacité. En cas de chute, les blessures guérissent plus rapidement et le risque d’infection est nettement diminué.

Les perceptions des cyclistes expérimentés

Un cycliste expérimenté, Lee Turner, va encore plus loin en affirmant : « Je ne peux pas rouler avec d’autres s’ils ont des jambes poilues, ils ne sont pas sérieux. » Cette remarque met en lumière une culture de la pratique sérieuse du cyclisme au sein de la communauté.

Les autres raisons du rasage

À part les avantages médicaux et pratiques, d’autres raisons viennent justifier ce choix chez les cyclistes :

  • Esthétique : Une apparence plus lisse est souvent préférée.
  • Aérodynamisme amélioré : Bien que ce soit un sujet de débat, certains soutiennent que des jambes rasées diminuent la résistance à l’air.

La science explique tout

Les poils sur les jambes sont loin d’être insignifiants. Chaque microturbulence qu’ils créent augmente la traînée aérodynamique. Considérez cette traînée sur des jambes qui bougent à un rythme effréné de 90 mouvements par minute. Cela représente une surface frontale accrue d’environ 0,016 m² comparée à celle de jambes rasées. Specialized, après des séances intensives en soufflerie, a qualifié cette découverte de « la révélation la plus surprenante » de ses études. Dans le cyclisme, un sport où un écart d’à peine 8 secondes peut décider d’un Tour de France, chaque détail peut peser lourd. Le rasoir devient alors un allié performance, presque contre toute attente. Sur un contre-la-montre de 40 km, les 79 secondes gagnées pourraient bien changer la donne.

Les bienfaits inattendus du rasage pour les triathlètes

Se raser les jambes offre des avantages surprenants, même en natation. Pour ceux d’entre nous qui ne sont pas des nageurs exceptionnels, enlever la combinaison devient plus aisé avec les jambes rasées. De plus, pendant les journées chaudes, les règlements obligent à nager sans combinaison lorsque l’eau atteint ou dépasse 24 degrés.

Avoir les jambes et une grande partie du corps rasées pendant l’entraînement est aussi bénéfique. Cela permet de mieux sentir les appuis et d’améliorer sa technique de nage.

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